L’Association Normandie Guinée (ANG) intervient depuis fin 2009 sur la zone enclavée des Préfectures de Télimélé, Gaoual et Koundara. Ses activités, tournées vers le développement de l’agriculture familiale, sont conduites à partir de l’expression des besoins et des attentes de ses interlocuteurs. Elle apporte un accompagnement méthodologique et un soutien technique et financier pour un développement concerté des communautés partenaires.
La Fédération Maraîchers de Bowé-Badiar (FMBB) a été créée en mars 2013 en Guinée parL’Association Normandie Guinée (ANG). Ce sont 11 Unions maraichères pour 1500 producteurs qui ont été les fondateurs. A date, la Fédération a 30 unions pour 4500 membres dont 70% de femmes. Elle collabore avec l’Ecole Nationale d’Agriculture pour recruter des jeunes superviseurs ; 40 d’entre eux sont déjà initiés et sont en action sur le terrain.

Le contexte en 2009
Il est marqué, en Guinée, par :
- La crise alimentaire mondiale de 2008 provoquée par la hausse brutale des denrées alimentaires de base sur les marchés internationaux.
- L’aggravation de l’exode rural et la croissance rapide des villes.
- La demande accrue des consommateurs urbains.
- L’accélération du changement climatique.
Le diagnostic effectué par l’ANG avec les responsables locaux et la participation des petits producteurs révélait, outre le besoin en eau potable, les difficultés suivantes :
- Le manque d’investissement dans la mise en valeur et la sécurisation des périmètres maraîchers (défaut de clôtures, d’irrigation et dégradation de l’environnement
- L’absence de commercialisation collective de la production maraîchère
- La faiblesse des organisations paysannes (fonctionnement, représentation)
Les réponses apportées
- La valorisation et la sécurisation de 100 ha de surfaces maraîchères comprenant plus de 12 000 m de clôture grillagée et la construction d’ouvrages hydroagricoles (puits, micro barrages, bassins d’accumulation, motopompes, tuyauterie) sur les 3 Préfectures (1 500 producteurs concernés).
- La modernisation et le développement de l’apiculture (500 apiculteurs formés, 900 ruches fabriquées, construction de 3 magasins de stockage, fournitures de matériels et tenues de protection) sur les 3 Préfectures. Production annuelle : 20 000 litres de miel.
- La construction d’un pont désenclavant 17 villages sur la Préfecture de Gaoual (3 300 bénéficiaires).
- L’accès à l’eau potable et l’assainissement (forages : 1 000 bénéficiaires et adduction d’eau : 4 000 bénéficiaires) sur la Préfecture de Télimélé.
Outre ces réponses, il a semblé indispensable d’impliquer, en termes d’action et de responsabilité, les partenaires locaux, notamment les Organisations Paysannes trop souvent éloignées des centres de décision.
Le renforcement des Organisations Paysannes
Pour soutenir les petits producteurs dans leur position d’acteurs économiques, quatre étapes ont été entreprises :
- 2010/2012 : Professionnalisation des Groupements et Unions maraîchères (2 000 paysans formés).
- 13 mars 2013 : 11 Unions maraîchères se regroupent pour constituer la
Fédération des Maraîchers de Bowé-Badiar (FMBB), siège à Gaoual
- 2013/2015 : La Fédération devient opérationnelle et développe sa production (oignon, piment, aubergine, tomate…) et organise la commercialisation groupée.
- 2016/2020 : La FMBB améliore la production et la recherche de marchés sur les centres urbains. Elle forme ses dirigeants, accueille des stagiaires d’Ecole nationale d’agriculture, forme les jeunes ruraux sur les champs écoles, forme les adhérents à l’agroécologie et à la transformation agroalimentaire, accompagne 200 jeunes dans la création d’emplois.
- 2021 : La Fédération regroupe 4 250 producteurs, dont 3 200 femmes, soit 35 Unions représentant 216 Groupements. Elle a produit 5 000 tonnes de légumes sur un peu plus de 200 ha.
L’ensemble de cette démarche s’est inscrit dans le cadre du Programme de Promotion de l’Agriculture Familiale en Afrique de l’Ouest (PAFAO) conçu, en 2009 (voir contexte”), pour soutenir une agriculture familiale durable afin d’approvisionner les marchés urbains. Ce programme était porté par la Fondation de France et le Comité Français de Solidarité Internationale.